D'où viennent ces expressions de la langue française

D'où viennent ces expressions de la langue française
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Véritables vedettes du quotidien, au même titre que les grossièretés (ne faites pas les innocents...), les expressions pullulent dans nos conversations. Syndrome quasi automatisé et inculqué depuis notre naissance, ces dernières sont parfois pour le moins étranges. Pourquoi sommes-nous « soupe au lait » ? Pourquoi avons-nous « le cul bordé de nouilles » ? Pourquoi voulons-nous « le beurre et l’argent du beurre » ? Retour sur quelques expressions cultes et leurs origines. Vous allez découvrir d'ou viennent ces expressions de la langue française que vous utilisez plus que vous ne le pensez.

 

Etre soupe au lait :

Cette expression, bien qu’un peu datée, est tout de même encore très utilisée et populaire. Il suffit que l’on râle un peu et que l’on prenne rapidement la mouche (oh tiens, on va en reparler) pour être soupe au lait. Mais pourquoi ?

Rien de bien compliqué en somme. Il suffit de remonter au XIXème siècle et de se référer à la recette de la soupe au lait et à son comportement sur le feu, le lait ayant tout simplement tendance à se mettre à bouillir et monter très vite puis s’apaiser dès qu’on le retire de la flamme. Exactement comme le comportement.

Avoir le cul bordé de nouilles :

« C’est pas possible, comment fais-tu pour être aussi chanceux ? C’est fou quand même, ce mec, il a le cul bordé de nouilles ». Quel joueur n’a jamais prononcé cette phrase ? Pour autant, à ce que l’on sache, le pantalon de ces derniers est souvent propre et on n’a jamais remarqué de tache de sauce bolognaise au mauvais endroit. Alors pourquoi cette expression ? Si le rapport entre cul et chance est inéluctable et depuis longtemps, c’est surtout le terme nouille qui intrigue. Il existe deux interprétations différentes. Mais difficile de dire laquelle est la plus véridique. Certains affirmant même que cette expression n’a pas d’origine officielle.

1 – Avant, les nourrices attachaient des petites médailles au cou des bébés afin de leur porter chance et qu’ainsi, le Seigneur veille sur eux et qu’il ne leur arrive rien. On parlait donc d’« avoir le cul bordé de médailles ». Par respect envers la religion, le terme médaille aurait été remplacé par nouilles, d’où l’expression.

2 - Autre origine, totalement différente, qui puiserait ses racines dans les années 30 à Marseille, ville de l’exagération et surtout, proche de l’Italie. Et à force de dialogues chargés de surenchères à l’égard de nos amis italiens réputés chanceux, le terme aurait de la sorte été rajouté. Avoir le cul, bordé de nouilles...

A votre version, car il en existe d’autres en rapport avec le fait d’avoir le pénis près d’un certain orifice, ou encore d’attraper une maladie qui conduit à avoir des vers.

Toucher du bois :

Lorsqu’une personne superstitieuse attend une réponse particulière, ou annonce quelque chose de positif, il lui arrive assez souvent de rajouter l’expression « Je touche du bois ». Mais en quoi poser la main sur du bois pourrait vraiment porter chance ? Comme bien souvent avec la superstition, il convient de s’orienter vers la religion. Les origines sont d’ailleurs visiblement doubles, mais très proches.

La plus ancienne, qui remonte à l’Egypte Pharaonique, la Grèce antique ou la Perse, dirige vers des époques durant lesquelles on pensait que le bois abritait le génie du feu quand d’autres pensaient tout simplement que le bois dégageait une forme d’énergie bénéfique.

La plus récente nous vient de la chrétienté, pour qui le bois a une valeur tout aussi symbolique puisque le Christ était un ébéniste et fut crucifié sur une croix en bois. Toucher du bois revenant ainsi à demander l’aide de sa bienveillance. En somme, toucher du bois est à l’origine un acte faisant appel à la force des Dieux. C’est encore un peu ça de nos jours.

Prendre la mouche :

Cette expression va quasiment de pair avec « être soupe au lait » puisqu’une personne qui aura tendance à s’emporter pour un rien, prend aussi rapidement la mouche, quitte même parfois à distribuer les baffes ou les bourre-pifs.

Pour savoir d’où vient cette expression, il faut remonter au XVIème siècle où le terme mouche, bien qu’il servait également à définir toutes ces vilaines choses volantes qui nous agacent, était au figuré une brusque pensée négative ou un souci. Dès lors, il n’est plus difficile de faire le rapprochement. Quand on prend la mouche, on est brutalement assailli par une mauvaise sensation que l’on exprime par le mécontentement.

Une autre explication propose aussi de se rendre du côté des pâturages. En ces terres, les vaches qui sont harcelées par les nuisibles volants se font parfois piquer et se mettent à courir, sans raison apparente pour nous, spectateurs lointains. D’où l’expression.

Prendre son pied :

Toujours dans la catégorie « prendre », prendre son pied est une formulation que l’on entend très souvent et qui fait très souvent écho aux actes sexuels. Mais pas que...

Pour savoir d’où vient cette expression, il convient de remonter à l’ère de la piraterie. A l’époque, lorsqu’un navire pillait un butin et qu’il fallait partager « équitablement », les pirates utilisaient le pied (l’unité de mesure équivalant à 33 cm). Puis chemin faisant, le terme pied a évolué afin de devenir, en argot, une part du butin que les voleurs réservaient pour leur complice. Prendre son pied était donc déjà synonyme de grand plaisir. Si l’on associe cela au fait que les pirates dépensaient une belle partie de leur butin dans l’alcool et les filles de joie, on ne peine plus à faire le rapprochement.

Le temps a ensuite fait son office, prendre son pied a élargi son domaine et sert par conséquent à juste exprimer une grande jouissance.

Ne pas être sorti de l’auberge :

Voilà une autre expression qui disparaît petit à petit mais qui aura été très utilisée pendant un long moment. Mais pourquoi ne pas être sorti de l’auberge pour signifier que l’on est loin d’en avoir fini avec les ennuis/problèmes ?

Pour cela, il faut se tourner vers le XIXème siècle et une fois de plus du côté de l’argot des voleurs. Pour ces derniers, la prison était l’auberge puisqu’ils y étaient logés, nourris et contraints d’y demeurer jusqu’à l’expiration de leur peine qui, bien souvent, rimait avec maltraitance, violence, travail forcé et autres activités qui ne pouvaient que guère leur convenir. Et comme il était terriblement difficile de s’évader de prison, l’expression ne pas être sorti de l’auberge était synonyme d’encore bien des tourments...

Prendre des vessies pour des lanternes :

Si un jour, on vous a expliqué que vous vous faisiez des illusions ou que vous étiez totalement dans l’erreur, on vous a peut-être dit que vous preniez des vessies pour des lanternes. Pour autant, on ne peut pas dire qu’il soit simple de confondre les deux, alors pourquoi dit-on cela ?

Pour cela, il faut remonter au XIIIème siècle. Auparavant, on séchait les vessies (de porc ou de bœuf) afin d’en faire des récipients pour conserver les liquides. Seulement, leur relative transparence permettait en cas de besoin de les transformer, en y insérant une bougie, en lanterne. Et à partir de là, deux théories apparaissent.

D’un côté, la première indique que les marchands peu scrupuleux de l’époque se servaient de la crédulité des clients les moins perspicaces pour leur faire croire qu’il s’agissait de vraies lanternes, et ainsi les escroquer. De l’autre, la seconde option pointe plutôt vers une interprétation de langage, le mot lanterne étant associé à des mensonges, des balivernes, des absurdités... Alors que vendre une vessie revenait à dire « vendre du vent » vu qu’une vessie gonflée est pleine de vide...

Mais dans les deux cas de figure, il s’agit toujours de voir sa crédulité abusée ou de se voir mené en bateau... 

Et voilà, vous en savez désormais plus sur quelques-unes des innombrables expressions de la langue française. Rendez-vous pour un prochain numéro dans un avenir proche.

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par Mr.K le 20 01 2016
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